«Au Luxembourg, tu réaliseras tes rêves»

Le documentaire Eldorado sort dans les salles Utopolis ce mercredi 16 mars. À travers le regard de quatre immigrés portugais, l trace un portrait sans concessions du Luxembourg.
Ne vous attendez pas à trouver des chiffres ou une enquête approfondie sur l’immigration portugaise. Eldorado a certeté nommé dans la catégorie «documentaire» au LuxFilmFest, mais il se regarde presque comme une fiction. Presque. Car les qu personnages sont bel et bien réels. Leur histoire, bel et bien vécue. Et c’est ce qui fait toute la différence.

Papas, vous suivez Fernando, Carlos, Jonathan et Isabel, dans leurs doutes, leur colère et leur mal du pays. Vous vous y attachez, car ils ressemblent à votre mère, votre frère ou votre meilleur ami. Vous vous y reconnaissez un peu. Parfois même beaucouC’est ce qui fait la force d’Eldorado. Quatre portraits puissants et touchants. Vous riez, vous pleurez et vous espéavec eux.
Nous sommes là !
Si le film s’est concentré sur des immigrés lusophones, il apparaît plus comme un portrait du Grand-Duché et d’une partis habitants. À aucun moment les réalisateurs retournent au Portugal pour rencontrer la famille ou pour comprendre ce qui pouss les gens à partir. Et ce choix semble très assumé. Rui Abreu, Thierry Besseling et Loïc Tanson plantent volontairement le dr dans les rues d’Esch-sur-Alzette, dans les bars de quartier, à la patinoire ou sur les chantiers. Le Luxembourg est omniprÃnt. Il est comme une prison.

Eldorado est aussi un hommage aux immigrés issus de la classe ouvrière. «L’idée étaionner voix à une partie de la population au Luxembourg, qui, jusqu’à présent, n’avait jamais été montrée au cinéma»,es réalisateurs. Les travailleurs, les adolescents et les fêtards du samedi soir, sont mis dans la lumière. L’un des momenes plus forts du film est sans doute celui où Isabel, femme de ménage, se met à danser avec ses collègues. Un instant suspenet poétique pour vous dire : «Nous sommes là ! Arrêtez-vous et regardez-nous vraiment».

Les quatre personnages (réels) du film
(c) samsa film 2016.
Fernando, la cinquantaine, enchaîne les chantiers et les galères. Il loue une petite chambre et comprend vite que le Luembourg n’est pas l’Eldorado qu’il pensait : «Au Luxembourg tu réaliseras tes rêves. Mais quand tu arrives c’est un cDrôles de rêves».

(c) samsa film 2016.
Carlos, la vingtaine, est arrivé au Luxembourg avec ses parents. Après avoir fait de la prison, il tente de se remettredans le droit chemin : «Nos parents courent après les boulots. Je faisais des bêtises à l’époque. Je n’avais personne dmoi. Maintenant je paye pour mes erreurs».

(c) samsa film 2016. (Jonathan : debout à droite)
Jonathan, adolescent et élève dans une école de la 2nde chance, vit seul avec sa mère. Son père, Portugais, est abseais très présent dans la tête du jeune homme, qui tente de trouver sa voie : «Je me suis débrouillé sans travailler. Si jâais, je pourrai progresser.»

(c) samsa film 2016.
Isabel, la quarantaine, est femme de ménage. Divorcée et célibataire, elle aime sortir danser, mais n’est pas encorete à refaire sa vie. «Quand je suis partie du Portugal, mes enfants m’ont beaucoup manqué. Pendant un an, j’ai pas été tout. J’avais le mal du pays».


Nastassia Solovjovas.