Noces : quand les traditions se heurtent à la liberté

Principalement tournée au Luxembourg, la cinquième réalisation de Stéphane Streker sort aujourd’hui dans les salles luxembourgeoises. Porté par des acteurs au jeu bouleversant, le film s’inscrit dans l’actualité en traitant du mariage forcé. Focus.
Zahira est au sortir de l’adolescence. Ce moment d’une vie où la liberté se heurte parfois aux problèmes. À 18 ans, elle rêve de sorties, d’amusement et d’amour. Mais dans sa famille, qu’elle aime par-dessus tout, la majorité est aussi synonyme de mariage. Alors qu’elle se prend à rêver d’une vie qu’elle pourra entreprendre en femme libre et indépendante, ses parents lui apprennent qu’ils ont décidé de la marier à un jeune pakistanais, comme le veut la coutume. Elle compte alors sur son frère Amir pour la soutenir…

Cinquième film du réalisateur Stephane Streker, Noces renvoie le spectateur à une réalité amère. Un choc des cultures que l’on a tendance à oublier et qui est pourtant toujours présent. Noces c’est surtout l’histoire d’une famille. De sa culture et de ses traditions. Aussi, le spectateur prend une claque. Et, tout comme l’héroïne, il se retrouve ballotté entre l’orient et l’occident.
Éviter les caricatures
Le film aborde un sujet controversé où il est aussi question de religion. Sorte de tragédie grecque des temps modernes, le long-métrage donne à voir des personnages qui sont au centre d’enjeux moraux puissants malgré des liens familiaux sincères et profonds. Et pour éviter toute caricature, le réalisateur a rencontré les membres de la communauté pakistanaise de Belgique : « Il était très important pour moi d’être irréprochable de point de vue de la culture pakistanaise et de sa représentation à l’écran. (…) On avait d’ailleurs en permanence sur le plateau une consultante pakistanaise qui m’a accompagné de la préparation jusqu’au dernier jour de tournage. »

Porté par l’excellente Lina El Arabi, dont le jeu est juste de bout en bout, le film ne serait pas ce qu’il est sans Sébastien Houbani, qui campe le grand frère de Zahira et dont le fardeau est de se retrouver bloqué entre la tradition familiale et la vie occidentale. Pour les accompagner, on retrouve Babak Karimi, qu’on a pu voir dans Une Séparation d’Asghar Farhadi, et Olivier Gourmet que Stéphane Streker a déjà dirigé dans Le Monde nous appartient. Presque entièrement tourné au Luxembourg, le film coproduit par Tarantula Production est à voir au cinéma Utopia cette semaine.

Justine Baldin